• 232 visits
  • 4 articles
  • 9 hearts
  • 18 comments

01/12/2016

pièce numéro une ; ‹ I'm a goner, somebody catch my breathe ›


Votre vie n'est qu'un immense livre, avec des pages numérotées aléatoirement. Un immense livre, fait de chapitres eux-mêmes constitués de hasard. Des chapitres, se reliant d'une façon ou d'une autre les uns aux autres. Volontairement, ou involontairement, cet immense livre se retrouvera sur une pile d'autres livres, dans un registre plus ou moins proche du vôtre. Votre vie n'est rien d'autre qu'une lettre signée par un inconnu, que vous devez finir.

Les pages se tournent, jamais en même temps, les chapitres passent, plus ou moins lentement. Mais votre vie, comme un livre, est faite d'un début, d'une fin, d'éléments perturbateurs, d'éléments de résolution, d'une chute, d'un n½ud. Votre vie, comme un livre, n'est qu'un ensemble de personnages, avec plus ou moins d'importance.

Et même si, parfois, l'histoire semble vous échapper, le personnage principal détient tous les pouvoirs. Parce que contrairement à un livre comme nous les connaissons, vous et moi, nous sommes à la fois le personnage principal, et l'auteur. Vous avez tous les pouvoirs. Apprenez à les utilisez, et vous serez le maître.

Harry aimait les livres ; ou plutôt, il les appréciait, de plus en plus. Il avait appris à écrire et lire tout seul, à l'école, tandis que ses camarades s'amusaient à faire il ne savait pas trop quoi. Au début, il voyait la régularité d'apparition des voyelles et des consonnes, la proportionnalité des chapitres entre eux... Il ne comprenait pas vraiment ce qu'il lisait. C'était comme lire une science-fiction. Au début il détestait la science fiction. Alors il avait changé. Il avait acheté des livres sur l'art. Il connaissait des centaines d'artistes, sans avoir un art préféré. Il connaissait leur vie, leurs ½uvres, leurs significations, les techniques employées...

Harry adorait la chimie, aussi. Il aimait matérialiser les atomes sur le logiciel qu'il avait codifié lui-même. Il aimait imaginer les réactions des différentes solutions entre elles. Il aimait imaginer la fumée, l'odeur, le bruit, même si ça l'effrayait. Il aimait les maths, aussi. Il connaissait tout. De l'algèbre, à la géométrie la plus complexe qu'il soit, jusqu'aux formules mathématiques que les plus grands économistes tentent de maîtriser eux-mêmes. Il avait des dizaines de livres dans sa tête, mais sa bibliothèque était vide. Il détestait garder les choses, qu'elles s'entassent, prennent la poussière. Il ne comprenait pas cette volonté que les autres avaient de conserver ; alors il ne le faisait pas.

Il avait besoin d'attendre le train, toujours au même endroit. Il devait se préparer à l'entendre, et espérait, poings serrés, qu'il serait à l'heure. Il détestait attendre.

Le train était arrivé à l'heure, le bouclé ne bougeant pas statique, serrant ses écouteurs dans la main, supportant le bruit du train qui s'arrêtait, pouvant sentir des frissons désagréables le parcourir, sans jamais avoir compris pourquoi.

Il avait plusieurs places possibles dans le train, mais aujourd'hui, il était forcé de rester debout. Il détestait ça. Il avait les yeux baissés, choisissant sa musique ; rouge. Elle devait être rouge. Le lundi, c'était rouge.

Une fois arrivé, il marchait à alors raisonnable jusqu'à l'Université, quelques regards se posant sur lui sans qu'il sache comment les interpréter. Chaque jour, encore et encore ; son livre s'écrit, se construit comme prévu.

Un sourire, habituel, de la part de son professeur ; Harry était toujours le premier. Il s'asseyait au premier rang de l'amphithéâtre. Il y avait de bruit derrière. Il détestait cela.

« Comment vas-tu Harry ? »
Avait demandé son professeur, ayant quelques minutes devant lui.
« Il y avait du bruit, cette nuit. »
Répliqua le bouclé, d'un ton monotone.
« Tu as mal dormi ? »
« Il y avait du bruit, cette nuit. »
Répéta t-il.

Un sourire un peu triste, qu'il ne comprenait pas. Il le voyait, mais c'était tout. Ses lèvres s'étiraient, d'une façon inéquitable, et puis retombaient. Ce n'était pas très joli. Ses dents n'étaient pas très blanches.

Et comme d'habitude, ce même son désagréable qui le faisait sursauter, alors qu'il avait commencé à noter la date sur sa feuille, à la deuxième ligne, avec un alinéa de 3 carreau, au lieu de 2. Il n'aimait pas nombres pair. Il n'aimait pas son prénom d'ailleurs. Harry comportait deux syllabes. Il préférait les prénoms avec une syllabe, trois, ou cinq. Pas plus, pas moins.

Harry avait commencé à dessiner après une dizaine de minutes de cours : il connaissait déjà cette formule, comme toutes les autres. Il voulait sortir, faire autre chose, mais il savait qu'il n'avait pas le droit. Il était comme piégé dans un pièce remplis de bruit qu'il connaissait par coeur, et d'autres qui l'empêchait de réciter ce qu'il savait dans sa tête. Il détestait ça. Comme une radio qui grésille dans sa tête.Oui, le monde n'est qu'une chaîne de radio, et Harry n'aimait pas cette chaîne : il ne l'avait jamais aimé, mais aujourd'hui, il la haïssait.

« Harry ? »
Demanda une voix.
« Oui ? »
Débita t-il.

Son professeur, encore.

« Un élève se noie un peu en ce moment et je me suis dis que tu pourrais l'aider. Enfin, seulement si tu en as envie. » 
Annonça son professeur.
« En quoi je pourrais l'aider ? »
Demanda t-il, les sourcils froncés.
« Tu es très bon en maths. »
« Vous m'avez dit qu'il se noyait. Un peu. »
« Oh, non, enfin, il a des difficultés en mathématique, c'est ce que je voulais dire. »
Lâcha t-il avec un sourire.
« Et vous voulez que je l'aide ? »
 Demanda Harry.
« Si tu as envie, oui. »
« Je ne comprends pas pourquoi il ne comprend pas. »


Son professeur avait seulement souri, alors qu'il le remercia, sachant que c'était une sorte de oui, à sa façon.

« Je lui dirais, merci Harry. »

25/07/2016


Les choses sont neutres et même
froides en maths. Vrai ou faux. Juste ou pas. Précis ou approximatif. Tout être doué d'une vision mathématique de la vie sera donc une sorte d'étranger de la nature, de robot humanisé, de stoïcien extrémiste. Comme être si dichotomique dans un monde comme celui-ci? Comment ne pas osciller entre le vrai et le faux, le correct et l'incorrect? Comment savoir juger de la justesse d'une émotion, d'un acte ou d'une parole? L'humain ne peut pas se permettre d'être aussi catégorique. Pourtant, Harold l'est.

29/07/2016

la plus grande beauté, celle qui disparait une fois découverte.
q u i  s u i s - j e ?

29/07/2016


______________ 01 — lettre inconnue
__________________________________""i'm a goner, somebody catch my breath"

________________  02 étouffer

__________________________________
_________________03 — un reste de courage

__________________________________
_________________04 — les règles du jeu

__________________________________
_________________05 — enfant du bout du monde

__________________________________

__________________________________06 — la croisée des chemins

__________________________________
__________________________________07 — brûle avec moi

__________________________________
__________________________________08 — choses brisées

__________________________________
__________________________________09 — les ombres du passé

__________________________________
__________________________________10 — le diable au corps



_____________  __11 —travail de nuit
___________________________________________________
_____________  __12 —une vie de mensonge

___________________________________________________
_____________  __13 ramasser les morceaux

___________________________________________________
_____________  __14 — miroir, miroir_________________

___________________________________________________
_____________  __15 — les mains vides

___________________________________________________
__________________________________16 — retour de flamme

___________________________________________________
__________________________________17 — la rumeur se propage

___________________________________________________
__________________________________18 — ton silence

___________________________________________________
__________________________________19 — dans la brume

___________________________________________________
__________________________________20 — point de rupture

___________________________________________________
_____________  __21 — état second

__________________________________
_____________  __22 — c½urs esseulés

__________________________________
_____________  __23 — le vent du soir

__________________________________
_____________  __24 — la pluie sur les pavés

__________________________________
_____________  __25 —
folie douce

__________________________________